Allo papa, ici gamer !

05/04/2018

 

Je suis un papa gamer et en tant que tel, je me suis souvent posé cette question : comment bien gérer mes enfants quand ils auront l’âge de faire leur début sur une console ? Cela s’est intensifié lorsque mon premier enfant a commencé à s’intéresser au monde du gaming en en me regardant jouer. J’ai toujours été vigilant à ne pas jouer quand mes enfants étaient présents et j’attendais sagement qu’ils soient au lit. Mais le week-end, ma fille ainée venait me poser plein de questions sur le jeu Ark par exemple car elle est passionnée de dinosaures. Et finalement arriva la fameuse question : «Papa ? Quand est-ce que je pourrai jouer ?»

 

J’avais pour principe de me dire qu’elle pourrait y jouer quand elle aurait 8 ans. Je ne sais pas pourquoi mais je m’étais fixé cet âge-là. Bon gros papa poule que je suis selon ma femme, j’ai évidemment craqué avant les 8 ans. Elle a donc débuté sur Nintendo 3DS sur un obscur jeu de vétérinaire. J’ai tout de suite fait attention à ce qu’elle ne passe pas des heures sur la console mais à ma grande surprise, elle a commencé par des petites sessions de 30-40 minutes. Et elle retournait à ses jeux de construction et autres jouets.

 

Aujourd’hui, elle  a 8 ans et sa propre Switch. Elle joue à Zelda Breath of the Wild, Mario Odyssey et Mario Kart 8. Elle continue de faire de courtes sessions, ce qui continue de me rassurer. Nous faisons aussi ensemble quelques jeux comme Ark en partie locale pour découvrir la PS4 et Minecraft pour la Xbox One. C’est toujours amusant de la regarder mélanger toutes ces touches.

 

Au-delà de ça, j’ai quand même voulu pousser un peu plus loin mon raisonnement, je  me suis donc suis renseigné et documenté sur le sujet. Je vous fais donc part de mes quelques recherches ci-dessous.

 

Une grande partie des informations proviennent d’une revue spécialisée sur les enfants, Naître et Grandir. J’y ajoute mon avis de papa sans non plus réinventer la roue.

 

Ma première question concerne les risques liés aux jeux vidéo chez les enfants.

 

J’étais tout de suite conscient que la dépendance, la violence et les éternels stéréotypes allaient ressortir très vite et ce sont, en effet, les premiers éléments que j’ai trouvés.

 

En ce qui concerne la dépendance, la documentation sur laquelle je me suis appuyé estime que si l’enfant  en développe une  au jeu, c’est qu’il y a généralement un problème d’adaptation à son environnement et qu’il cherche à travers le jeu à se créer son propre environnement. Certains signaux peuvent mettre les parents sur la voie d’une probable dépendance chez l’enfant :

  • Niveau d’anxiété élevé

  • Agitation à l’école

  • Présence anormale de cauchemars

  • Irritabilité quand on lui demande de stopper le jeu

 

Il est donc primordial de rester attentif à ce que vivent nos enfants. J’ai personnellement la chance d’avoir une fille qui ne passe pas des heures à jouer et qui ne râle jamais quand je lui demande de stopper sa session.

 

Au sujet de la violence que l’enfant pourrait développer suite aux jeux, j’ai trouvé quelques infos selon lesquelles le risque lié aux jeux vidéo violents est d’apprendre à l’enfant que parmi les solutions à un problème ils existent plusieurs comportements violents, efficaces et peut-être même valorisants, qui peuvent le résoudre.

 

Par exemple, dans un jeu, une personne nous barre la route, nous lui roulons dessus et le problème est ainsi réglé. L’enfant aura un sentiment de toute-puissance et se sentira valoriser. La phrase qui explique que plusieurs comportements violents sont la solution à certains problèmes peut évidemment soulever plusieurs interrogations. Il faut être conscient que si un enfant choisit la violence comme moyen de résoudre ses problèmes, ce dernier a déjà un problème de comportement en dehors du jeu vidéo, comme nous l’explique monsieur Serge Tisseron pédopsychiatre et directeur de recherche à l’Université Paris-Ouest Nanterre. Il affirme que la plupart des études qui lient comportements violents et jeux vidéo "concernent en réalité des enfants portés à la violence indépendamment de leurs pratiques ludiques". Ces études ne prouvent donc rien pour tous les autres joueurs, qui sont une majorité. Me concernant, j’estime que ma fille reçoit de bonnes valeurs et je suis très vigilent aux jeux qu’elle possède et de ce fait aucun comportement violent ou anormal n’apparait après une session de jeu.

 

J’ai trouvé sur le site www.capital.fr un petit article très intéressant à ce sujet :

 

Un rapport des Services secrets des États-Unis et du Département de l'éducation a examiné 37 incidents de violence scolaire entre 1974 et 2000. Sur les 41 auteurs d’attaques étudiées, 37 % manifestent un intérêt pour leurs propres écrits violents, 27% s'intéressent aux films, 24% aux livres. Seulement 12% s’intéressent aux jeux vidéo violents. En 2015 aux États-Unis, il y a eu en moyenne une attaque par semaine dans un lycée. Mais comme pour Colombine, c’est la vente d’armes qui avait été plus largement accusée.

 

Certains tueurs de masses ont aussi clairement dit qu’ils étaient fan de licences dites violentes et pour quelques uns d’entre eux qu’ils avaient même pris des  jeux pour se préparer à leur passage à l’acte. Les auteurs du massacre de Colombine étaient fans de Doom, qui est aussi utilisé par l’armée US pour se préparer au combat. Breïvik à lui avoué s’être entrainé sur COD.

 

Mais comme le détaille le rapport ci-dessus, cela nous montre que ce n’est qu’une infime partie des tueurs de masses qui s’intéresse aux jeux vidéo.

 

Les jeux les plus susceptibles de provoquer un comportement violent chez un enfant sont les jeux très réalistes et qui proposent une aventure solo qui permettra à l’enfant de s’identifier à son personnage. A contrario, un jeu a composante multijoueur (coop) sera moins susceptible de provoquer de la violence car le partenaire de jeu, qui peut être un adulte créera un lien avec la réalité.

 

A noter également : les stéréotypes ! Il est évident qu’un jeu comme GTA (je ne fais pas une fixation, mais pour moi c’est un exemple flagrant de jeu à ne pas mettre dans les mains d’un enfant) ne va pas redorer l’image de la femme. Dans les jeux de guerre, ce n’est évidemment pas la Somalie qui va attaquer les USA. Et ce n’est que deux exemples parmi tant d’autres. Les stéréotypes sont malheureusement souvent véhiculés par de nombreux jeux vidéo. Le premier stéréotype qui vient en tête, est celui de la femme. Dans passablement de jeux vidéo les femmes seront moins habillées que les hommes, elles n’auront pas une place de leader et seront soumises aux hommes. Selon l’âge du joueur il faut être attentif aux stéréotypes car ils jouent un rôle à un moment crucial de leur développement où ils forgent leur identité, leur image et les modes relationnels qu'ils entretiendront avec le sexe opposé.

 

Le stéréotype racial est aussi très présent dans l’univers du jeu vidéo.  Suite à mes recherches j’ai trouvé un article intéressant de Habilo Médias qui dit :

 

Bien que des personnes de nombreuses cultures jouent des jeux vidéo, cette diversité ne se reflète habituellement pas dans les jeux. Dans la majorité des jeux populaires, les personnages blancs et masculins dominent, tandis que les personnages non blancs tiennent plutôt les rôles secondaires traditionnels de faire-valoir ou de méchants ou sont limités à un éventail restreint de genres. Selon une étude de 2011 aux Etats-Unis, seulement trois pour cent des personnages de jeux vidéo sont hispaniques, moins de 11 pour cent sont afro-américains et aucun n’est autochtone ou biracial. D’autres études montrent que les personnages afro-américains sont limités à un éventail restreint de genres comme les jeux de sport et les jeux associés à une célébrité tels que 50 Cent et qu’ils incarnent le plus souvent les méchants et sont présentés sous des traits particulièrement terrifiants.

 

Encore une fois, il est difficile de changer cela dans l’univers du jeu vidéo. De nombreux  jeux contiennent des stéréotypes. Tenter de faire bloc en évitant d’acheter ces jeux contenant des stéréotypes peut être une solution mais à condition que la grande majorité des gamers le fasse et cela n’est de loin pas gagné. Selon moi, il faut en parler avec son enfant, lui expliquer que dans la réalité, une femme n’est pas soumise ou inférieur à l’homme et que les afro américains ne sont pas forcément terrifiants. Tout se passe dans l’éducation que l’on donne à  son enfant et en restant vigilant à ses jeux et surtout à tous changements de comportement suite à une session.

 

J’ai mis le doigt sur d’autres risques que je considère comme moins  dangereux durant mes recherches : le risque physique par exemple. En effet l’enfant ne bouge pas ou très peu durant ses sessions. La luminosité en fait également partie, elle influence les hormones du sommeil et il est donc préférable de limiter les temps d’exposition aux divers écrans de jeu avant le coucher.

 

Quid de la socialisation de l’enfant ? Le jeu vidéo peut-il avoir un rôle dans ce cadre ?

 

Clairement oui à mon avis. En jouant en réseau, l’enfant va se faire des amis virtuels, de nouvelles connaissances, ce qui peut avoir un effet libérateur pour celui qui serait timide avec ses camarades de classe par exemple. Réussir à communiquer avec un parfait inconnu, l’aidera peut-être à le faire avec son cercle de connaissances. Selon des études environ 70% des enfants auraient un intérêt pour le jeu vidéo et cela doit ouvrir les discussions. Enfin, le jeu vidéo peut aussi renforcer la confiance en soi : si celui-ci franchi un niveau (réussir un monde, augmenter son personnage, …) difficile durant sa partie il va se sentir valorisé.

 

Je suis d’accord avec certaines recommandations, moins avec d’autres comme par exemple le fait de ne pas installer d’écran dans la chambre de son enfant. Ma fille en a un et tout se passe très bien. Même si, encore une fois, j’ai la chance qu’elle se limite d’elle-même. A mon sens, chacun doit faire selon son enfant.

 

Il faudrait également varier les types de jeux pour permettre à l’enfant de s’épanouir dans différents domaines. J’alterne avec ma fille entre les jeux purement ludiques, de construction, de réflexion ou d’aventure. Elle ne se rend pas compte qu’avec certains jeux, elle poursuit son apprentissage scolaire.

 

Mais la recommandation la plus importante pour moi reste de respecter l’âge minimum inscrit sur la boîte du jeu (PEGI) et, avant tout, la maturité de votre enfant. Deux enfants de 8 ans n’auront pas le même jugement et pas le même recul sur un jeu ou une situation.

 

Voilà donc le fruit de ma brève recherche sur le jeu vidéo et l’enfant. J’ai pris du plaisir à le faire et j’ai surtout appris que le jeu vidéo ne doit pas leur être interdit, quel que soit leur âge. A notre époque, le jeu vidéo fait partie intégrante de leur quotidien et les en priver reviendrait à les isoler dans une bulle. En résumé, si je peux me permettre un conseil : laissez jouer vos enfants, laissez-les se créer un monde dans lequel ils sont rois. Jouez aussi avec eux, ce sont des moments de partage incroyables. Voir la fierté et la joie de votre enfant lorsqu’il vous bat dans une course vaut largement le prix d’une console.

 

 

Pour terminer, voici quelques jeux sympas à partager avec votre enfant ou à lui faire essayer tout seul.

 

Zelda Breath of the Wild sur Switch :

 

Ma fille y est totalement accro, comme son père. Elle adore ce jeu car elle peut suivre son chemin comme bon lui semble et faire ses propres choix. Résoudre les énigmes des sanctuaires lui plaît également beaucoup.

 

Ark sur PS4

 

Nous y jouons en local (sans autre joueur humain) tous les deux. Je lui laisse prendre la décision pour la construction et moi je cours partout pour lui amener les ressources. Nous passons d’excellents moments père-fille sur ce jeu et je le recommande car les enfants sont sous le charme des dinosaures.

 

Minecraft sur n’importe quelle console

 

Egalement un jeu de construction qui fait la part belle à l’exploration. Nous avons fait peu de session pour l’instant donc je ne peux pas encore confirmer que le charme ait opéré.

 

1 2 Switch sur Switch

 

Elle y joue avec sa petite sœur. Elle aime bien car elle gagne… mais sa sœur n’a que 4 ans et ne comprend pas encore grand-chose.

 

Mario Kart 8 sur Switch

 

Je suis moins fan de cette licence donc elle y joue avec sa maman qui lui laisse quelques victoires entre les défaites car selon ma femme, il faut aussi apprendre à perdre.

 

 

Venez parler de vos exprériences avec vos enfants et le gaming ou plus largement de la place que le jeux vidéo peut avoir dans la vie d'un enfant. Venez réagier au sujet de la dépendance chez le jeune ou l'adulte à tout ce qui touche de près ou de loin à cet article. Vos réactions sont les bienvenues sur notre forum.

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